Cours : le français des médials

LES MÉDIAS DE MASSE

Chacun le sait bien, les médias de masse sont devenus bien davantage qu'un quatrième pouvoir, selon l'expression autrefois consacrée. Ce sont eux qui fixent les termes du débat politique et en sélectionnent les acteurs. Économie, mode, culture, sport, aucun secteur n'échappe à leur emprise. On passe de nombreuses heures devant ses postes de télévision, à écouter la radio, à lire la presse, les panneaux publicitaires ou à surfer sur Internet. Ces différents médias, mais aussi les livres, la musique qu'on écoute, les films que nous allons voir, ont une influence directe sur les opinions, les valeurs et les croyances. Ils reflètent et influencent la culture en général. Les médias jouent donc un rôle crucial : ils apprennent aux gens à comprendre le monde qui les entoure et à se faire une opinion sur l’ensemble des questions qui les concernent. L’industrie des médias est donc loin d’être une industrie comme les autres. L’information, mais aussi le divertissement et la culture dépendent d’elle. Quand leur diversité n'est pas garantie, c'est la vie démocratique qui en souffre. Quand des opinions relativement uniformes sont martelées, l'information de chacun est cruciale au bon fonctionnement d'une démocratie et l'accès à l'information, un droit.

I. La presse

La presse occupe une place particulière parmi les moyens de communication de masse. Elle est chronologiquement le premier et le plus ancien des médias de masse, née à une époque où l’on ne songeait guère à employer ce terme pour désigner un moyen d’information se diffusant régulièrement vers un public très large. Liée étroitement à l'existence et aux progrès des moyens techniques de l'imprimerie, la presse continue à bénéficier de l'aura qui, dans la civilisation du livre, bénéficie au livre et à la chose écrite. Face à l'instantanéité, à l'immédiat et au fugace, la presse joue la carte de la réflexion et de la référence. À tel point qu'elle demeure la pierre angulaire de tout système multimédia malgré le progrès technique considérable. Aujourd'hui, elle tient toujours une place importante dans la vie culturelle et politique de la France.

1. La naissance de la presse

La presse est née en Europe occidentale, un siècle et demi après la naissance de l'imprimerie, dans les premières années du XVIIe siècle. Les premiers titres paraissent aux Pays-Bas (Anvers et Amsterdam), puis à Strasbourg, Bâle, Francfort et Berlin. En France, l'histoire de la presse commence avec la Gazette, fondée en 1631 par Théophraste Renaudot.
Publiée chaque vendredi à partir du 30 mai 1631, elle se présente sous la forme d'un hebdomadaire de 4 pages qui est tiré entre 300 et 800 exemplaires, sans compter les numéros spéciaux consacrés aux grands événements. Véritable organe d'information du gouvernement, la Gazette va fonctionner jusqu'en 1762 ; puis, directement rattachée au ministère des Affaires étrangères, elle prend le titre de Gazette de France. Elle est, avec le Journal des savants (créé en 1665) et le Mercure Galant (1672), un des trois grands journaux de la seconde moitié du XVIIe siècle.
La presse moderne naît en France avec la Révolution de 1789 : presse d'opinion, qui prendra son essor beaucoup plus tard sous la monarchie de Juillet. La presse telle que nous l'entendons aujourd'hui comme moyen de communication de masse ne naîtra vraiment qu'au XIXe siècle. La révolution industrielle, le développement de la population urbaine et les progrès de l'alphabétisation favorisent l'apparition de nouveaux lecteurs. Tandis que les titres se multiplient, les tirages augmentent grâce à de nouveaux procédés techniques.
C'est le moment de la création des grandes agences d'information internationales dont la doyenne est l'Agence Havas, fondée en 1832 par Charles Louis Havas. Ce sont des employés de cette société qui créeront à leur tour leurs agences dans leurs pays respectifs : Julius Renier, qui crée à Londres, en 1852, l'Agence Reuter et Bernard Wolf, qui fonde à Berlin, en 1849, le Bureau de correspondance télégraphique. Au même moment se crée aux États-Unis l’Associated Press (1848), destinée à recueillir et à diffuser les nouvelles qui viennent d'Europe. Les lecteurs de plus en plus nombreux — conséquence de l'alphabétisation et de l'école obligatoire — se passionnent tout à la fois pour les faits divers, qui font la fortune du Petit Journal et pour les lointains théâtres d'opérations militaires.
Tout concourt à l'abaissement du prix des journaux, encore fort élevé au début du XIXe siècle : les perfectionnements techniques qui permettent de tirer plus vite davantage d'exemplaires, donc de satisfaire la curiosité d'un public plus large, mais qui n'est cependant disposé à acheter qu'à la condition d'une diminution du coût d'achat à l'exemplaire. C'est justement cette capacité de toucher un large public qui intéresse à leur tour les services commerciaux des grandes entreprises qui commencent à vendre des produits de grande consommation et qui, du même coup, sont prêtes à considérer le journal comme un support publicitaire. Cette émergence de la publicité va permettre au journal de se vendre deux fois : une première fois, et en bloc, à l'annonceur, une deuxième fois, et exemplaire par exemplaire, à l'acheteur. À cet égard, l'évolution des journaux aux États-Unis est exemplaire : une presse bon marché et à scandale se développe et devient un support de choix pour les publicitaires, véritables financiers du journal. Manchettes, mises en page, rubriques, nouveaux types d'articles sont essayés par l'un et par l'autre pour rendre les journaux plus attractifs. On invente les éditions dominicales, on publie des bandes dessinées, on utilise déjà la couleur...
C'est un mouvement analogue qui se produit encore plus tôt en France avec la naissance d'une presse bon marché. L'initiative en revient à Émile de Girardin, le père de la presse moderne, avec le lancement du journal la Presse (1836), dont le prix d'abonnement diminué de moitié par rapport à la concurrence s'élève à 10 centimes le numéro. Les tirages de l'ordre de 150 000 exemplaires en 1850, atteignent le million en 1870. Le mouvement s'amplifie avec la presse à 5 centimes : le Petit Journal, avec sa « une » en couleur, dépasse le million d'exemplaires en 1900 et quinze ans plus tard le Petit Parisien (ancêtre lointain du Parisien libéré) avec son million et demi d'exemplaires est le plus fort tirage des journaux du monde entier à cette époque-là.
Posée en principe par la Déclaration des Droits de l'Homme, la liberté de la presse est proclamée sous la IIIe République (1881), qui est l'âge d'or de la presse.

2. L'avenir de la presse

Au cours du XXe siècle les tirages continuent à grimper, les formats se modifient et le tabloïd (la moitié du format traditionnel pour les journaux) tend à s'imposer même pour la presse quotidienne. Mais la radio (vers les années 1930), encore plus la télévision (à partir des années 1950) et surtout Internet (à partir des années 1990) vont devenir de formidables concurrents. Aussi la presse s'est-elle diversifiée, en renforçant sa « proximité » auprès des lecteurs. Ce qui conduit au développement de la presse locale et régionale qui maintient ses positions, alors que les tirages de la presse nationale quotidienne régressent. C'est ce qui explique aussi le succès de la presse très segmentée, visant un seul public et traitant d'un seul thème (sport, informatique, économie, loisir, etc.), où les titres et les succès se multiplient. C'est ce qui explique également la présence en tête de tous les quotidiens français d'un journal régional.

3. La concentration des médias. Les principaux groupes de presse français.

Par concentration des médias, on entend en général la tendance de former des entreprises de presse (journaux, magazines, télévisions, radios...) et de l'industrie culturelle (production de films et de musique) ainsi que les groupes de communication (téléphonie mobile, Internet, etc.). Pour une entreprise, c'est le moyen de contrôler toute la chaîne de production d'un produit (de l'envoi des journalistes sur le terrain, le plus souvent effectué soit par les agences de presse, soit par des journalistes indépendants (« pigistes »). Des conglomérats de presse, possédant plusieurs types de médias à la fois (télévision, radio, journaux...) se sont aussi formés (Groupe Lagardère, etc.).
En France, quelques grands groupes (Lagardère, Dassault...) se partagent l'essentiel des médias. Les neuf principaux groupes de presse français réalisent un chiffre d’affaires qui se situe entre 2,2 milliards d’euros et 280 millions d’euros. Par ordre décroissant de chiffres d’affaires, il s’agit d’Hachette Filipacchi Médias (Lagardère), de la Socpresse (Dassault) [le Figaro], du groupe Amaury (Le Parisien), de Prisma Presse, du groupe La Vie-Le Monde, d’Emap Media, de Bayard Presse, d’Ouest-France de Sud Ouest. On dénonce ainsi la collusion entre certains groupes de presse et des politiques. Une telle collusion peut parfois donner lieu à des caviardages et autres censures.
Les deux premiers groupes français, Socpresse et Hachette Filipacchi Médias, sont contrôlés par de puissants groupes industriels d'armement, tandis que l'Ouest-France, par exemple, est un groupe de presse. La multiplication des concentrations ne cesse de s'accroître et aujourd'hui les principaux groupes français de presse produisent 62 % du chiffre d'affaires total du secteur. La liberté de la presse et son pluralisme sont donc en danger.
Il existe aussi des particularités au niveau du réseau de distribution. La distribution des journaux est, en France, principalement assurée par les Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP). La disparition des points de vente ainsi que la non-présence de certains titres de presse dans divers points de vente (ainsi, le quotidien L'Humanité n'est plus distribué dans les points de vente Relais H détenu par le groupe Hachette, (lui-même racheté par Lagardère), en particulier à la gare de Lyon à Paris). Près de 4 300 points de vente ont fermé en 2005, leur nombre total tombant à 29 271.

4. La crise de la presse. La presse gratuite.

On constate aujourd'hui, dans l'évolution historique des médias, d’une part des difficultés croissantes dans le secteur de la presse écrite (France-Soir, Politis, Libération, L'Humanité, et même Le Monde sont tous des journaux hexagonaux ayant dû affronter des problèmes récurrents de trésorerie). La stratégie économique et financière de Le Monde a d'ailleurs fourni l'un des thèmes principaux du livre La Face cachée du Monde (2003) écrit par les journalistes Pierre Péan et Philippe Cohen, qui dénoncent entre autres une vampirisation des éditions de la Vie Ca­tholique (qui contrôlent notamment Télérama) par Le Monde.
Il existe d’autre part un phénomène supplémentaire, c'est le développement de la presse gratuite (groupe Métro, etc.) qui se finance exclusivement par le biais de la publicité. Le Monde a lui-même décidé de sortir un quotidien gratuit avec le groupe Vincent Bolloré (qui a lancé en juin 2006 Direct Soir) bien qu'il dénonçait férocement, lors du lancement du quotidien gratuit de Métro France, le danger que porte une telle presse sur la presse dite sérieuse. Ainsi, la guerre israélo-libanaise n'a pas eu lieu dans Métro... Selon une déclaration de juin 2006 de l'Association mondiale des journaux (AMJ), 18,6 millions d'exemplaires de quotidiens gratuits ont été diffusés en Europe en 2005. En Espagne, la presse quotidienne gratuite représente jusqu'à 51 % du marché. Ils sont apparus en France en 2002. 20 Minutes, contrôlé à 50 % par le groupe norvégien Schibsted et par le groupe Ouest France, ainsi que Métro, propriété de Métro France elle-même filiale du groupe suédois Métro International et de TF1.

5. Les principaux titres de la presse quotidienne. Panorama d’ensemble du secteur.

La situation financière et économique des différents titres peut être appréciée à l'aide de trois critères : les chiffres de ventes, les ressources publicitaires et la composition de l'actionnariat. Certains titres apparaissent particulièrement solides : les quotidiens économiques Les Echos et La Tribune et le journal sportif L'Equipe. Ces titres disposent à la fois d'une stabilité capitalistique et d'un lectorat important et peu affecté par le phénomène général d'érosion des titres de la presse quotidienne. Les Echos occupent de surcroît la quatrième place sur le marché publicitaire de la presse, à quasi-égalité avec Le Monde et Le Figaro dont les tirages sont deux à trois fois plus élevés.
Toujours au sein du groupe Amaury, le quotidien Le Pa­risien et son édition nationale Aujourd'hui en France disposent d'une diffusion en hausse sur la période 1981-2002 (+50 %), essentiellement du fait de la création d'Aujourd'hui en France. Les quotidiens régionaux du groupe Socpresse et Le Figaro disposent également d'un fort appui capitalistique. Ils constituent les principaux supports de publicité du secteur de la presse, toutes catégories confondues. La principale faiblesse de ces titres réside dans l’érosion de leur lectorat. La diffusion du Figaro a légèrement progressé sur l'ensemble de la période 1981-2002.
Premier quotidien national d'information politique et générale en termes de diffusion si l'on distingue les chiffres de diffusion du Parisien et d'Aujourd'hui en France une érosion globale de sa diffusion de 5 % entre 1981 et 2002. Le quotidien constitue le troisième support de publicité au sein des groupes de presse. Afin de conforter son indépendance, Le Mon­de dispose d'un actionnariat diversifié, mais cet éclatement peut aussi être interprété comme un signe de fragilité financière.
Ne faisant pas partie d'un groupe de presse diversifié, Li­bération est actuellement dans une situation critique. Sa diffusion traduit une forte érosion depuis 1990. Diffusé à 90 % par abonnement, le quotidien La Croix a enrayé récemment la chute de diffusion (-24 % entre 1981 et 2000). Seulement 9 % des ressources de La Croix proviennent de la publicité (contre 21 % suivant les années). Alors que la diffusion de France Soir a dépassé le million d’exemplaires jusqu’à la fin des années 1960, date à laquelle il constituait le n° 1 de la presse quotidienne nationale. L'Humanité a connu une dégradation comparable à celle de France Soir après le pic atteint à la Libération (400 000 exemplaires), la diffusion est restée quasi stable entre 1960 et 1980 (autour de 150 000 exemplaires avant de chuter à 50 000 exemplaires en 2002 (-65 % depuis 1981). L’ancien quotidien du parti communiste français a dû ouvrir son capital et est éligible à l'instar de La Croix et France Soir, à l'aide aux quotidiens nationaux d'information politique et générale à faibles ressources publicitaires.

6. Triomphe de la presse périodique. La culture populaire et les médias de masse.

Si la presse quotidienne connaît de sérieuses difficultés, la presse périodique en revanche est relativement prospère. En récapitulant et en jugeant les événements avec un certain recul, en offrant un condensé de l'évolution du monde, en complétant la vie professionnelle ou en apportant à chacun la distraction ou l'évasion nécessaires, elle forme en quelque sorte la toile de fond de sa vie privée. Aussi est-elle le raccourci de tous les secteurs de l'activité humaine : politique, religion, sport, jeunesse, sans oublier la presse féminine et la presse « people »...

  1. La presse périodique d'information générale : Paris Match, L'Express, Le Nouvel Observateur, Le Figaro Magazine, Le Point, VSD, Marianne, La Vie, Courrier International, Valeurs Actuelles, Spectacles du Monde.
  2. La presse féminine : Version Femina, Femme Actuelle, Maxi, Modes et Travaux, Avantages, Madame Figaro, Marie-Claire, Prima, Elle, Cosmopolitan, Jeune et Jolie, Biba, Marie France, Vingt Ans, Atmosphères, Vogue, Votre Beauté.
  3. La presse culturelle et de loisir : Chasseur Français, Géo, Science et Vie, Sciences et Avenir, Le Monde Diplomatique, Première, Officiel des Spectacles, Ciné Live, Pariscope, Phosphore, Lire, Studio Magazine, Photo, La Recherche, Beaux Arts Magazine, Grands Reportages, Magazine Littéraire, Diapason, Le Monde de la Musique, Connaissance des Arts, Cahiers du Cinéma.
  4. La presse de télévision : TV Magazine, Télé 7 jours, Télé Z, Télé Loisirs, Télé Hebdo, Télé Star, Télé Poche, Télérama, Télé Magazine, Télé K7.
  5. La presse de divertissement ou « people » : Voici, France Dimanche, Entrevue, Top Santé, Ici Paris, Santé Magazine, Nous Deux, Parents, Gala, Points de Vue, Psychologie Magazine, Top Famili Magazine, Enfants Magazine, FHM, Famili, Oh la, Max, Men's Health, New Look.
  6. La presse périodique économique et financière : Le Particulier, Capital, Challenges, Mieux Vivre-Votre Argent, L'Expansion, Le Revenu, Enjeux-Les Echos, Investir-Magazine, Alternatives Économiques, Investir Hebdo, Management, L'Entreprise, La Vie Financière, Entreprises et Carrières, Entreprendre.
La culture populaire a un rapport très complexe à l'industrie de la culture, c'est-à-dire les entreprises privées se spécialisant dans la production, le marketing et la vente de films, d'émissions de télévision, de livres, de magazines, de musique, d'art, de danse, de jeux, de parcs d'attractions, de sport et d'autres formes de culture. Les « produits culturels » se présentent de plus en plus sous plusieurs de ces formes et sont proposés à différents segments de consommateurs de façon différente, mais de façon simultanée. Les entreprises les plus puissantes dans chaque secteur de la culture sont la propriété des mêmes grands conglomérats qui contrôlent aussi les grands médias. La culture populaire est donc dominée par ces grands acteurs qui effectuent une promotion agressive des produits « commerciaux » qu'ils proposent sous des formes diverses, avec, par conséquent, un impact fondamental sur la définition, l'évolution et la diffusion de cette « culture populaire ».

II. La radio

Informer, distraire, cultiver, tel est le triple objectif que poursuit depuis de longues années déjà la radio. À ce titre, elle est un média à part entière, ayant toute sa place parmi les autres moy­ens de communication : plus rapide que la presse, moins globale que la télévision. Certains Français écoutent la radio à l’heure du petit-déjeuner et du déjeuner pour les jeux et les informations, mais le soir ils sont spectateurs du petit écran. En même temps, l’éclosion des radios locales, logées dans les interstices des grandes stations, assure une information communautaire et locale. Donc, l’auditeur est au carrefour du monde et de sa région. La radio ne s’est développée en France que pendant l’entre-deux-guerres. Après des années sombres entre 1940 et 1944, la radio devient un monopole d’État. Elle sera libérée en 1981 sous l’influence de François Mitterrand.

1. L’histoire de la radio en France

Le 5 novembre 1898, Eugène Ducretet fait une démonstration publique de transmission par « télégraphie sans fil » entre la Tour Eiffel et le Panthéon. Suite aux travaux de l’Américain Lee De Forest (1906), on passe de la « télégraphie sans fil » à la « téléphonie sans fil ». À cette époque, l’usage de la radio se limite aux usages militaires et maritimes. Dès 1905, la Marine nationale utilise la TSF. On installe de nombreux émetteurs, tant en métropole que dans les colonies. En 1906, l’armée de terre place ses émetteurs sur la Tour Eiffel. Les événements de la Grande Guerre conduisent à encadrer strictement l’usage de la radio, à partir du 28 septembre 1914.
La paix retrouvée, deux choix s’offrent aux pouvoirs publics : établir un monopole au profit de l’État (cas de la majorité des pays), ou bien laisser se développer des radios privées. On décide de créer des radios d’État tout en laissant se développer les radios privées. C’est le début de l’épopée radiophonique en France. La première émission de radio en France destinée au public a lieu le 24 décembre 1921 par Radio Tour Eiffel. En 1922, la Société française radioélectrique (SFR) obtient une autorisation d’émettre et crée ainsi la première radio privée Radiola. Peu à peu, d’autres stations de radio font leur apparition. L’invasion allemande de juin 1940 met fin à cette période de développement.
De nombreuses radios ont cessé d’émettre au fur et à mesure de l’invasion allemande. Les radios qui ont subsisté étaient fortement contrôlées. La principale de ces radios collaborationnistes a été Radio Paris. La France libre n’était pas en reste avec les émissions de Radio Londres. Durant la Seconde Guerre mondiale le régime de Philippe Pétain a subventionné les radios privées.

2. La nationalisation des radios

L’ordonnance du 23 mars 1945 établit le monopole d’État sur les stations de radio. Cependant, les années de guerre ont anéanti une grande part du réseau de transmission français. C’est sur un poste émetteur laissé par l’armée américaine que se crée la première radio publique de l’après-guerre. C’est « Paris Inter ». Elle commence a émettre sur la région parisienne le 16 février 1947. Elle sera baptisée plus tard France 1 puis RTF Inter.
L’année charnière pour la radio est 1963. L’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française) s’installe à la maison de Radio France, quai Kennedy à Paris. On opère aussi une réorganisation des réseaux. La grande station nationale généraliste RTF Inter devient France Inter. À côté, la RTF crée deux stations thématiques : France Culture et France Musique. Deux autres suivront : France Inter Paris (1971, devenue FIP) et RFI (1975) (reprise de l’ancienne Paris Mondial). Ces stations existent toujours. Seule RFI a quitté le giron de Radio France. En 1974 l’ORTF est démantelée et le secteur radio échoue à l’entreprise publique Radio France. Deux phénomènes se développent en réaction à ce monopole : les radios périphériques et les radios pirates.

3. Jusqu’à nos jours

À partir de 1981, les radios ne sont plus illégales. Cependant, en raison des particularités propres à la communication par ondes radio, notamment l’attribution de fréquence, il apparaît très vite nécessaire de mettre en place une autorité qui puisse répartir les fréquences, de manière indépendante autant que faire se peut. La loi du 29 juillet 1982 crée la Haute Autorité de la communication audiovisuelle qui est chargée d’attribuer les fréquences et de garantir l’indépendance des radios qui restent dans le secteur public (celles de Radio France). La Haute autorité sera remplacée en 1986 par la Commission nationale de la communication et des libertés, puis par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) en 1989. Afin que les autorisations d’émettre ne soient pas distribuées arbitrairement et pour garantir l’éclectisme de l’offre radio, des conditions ont été posées et chaque demande d’autorisation doit être accompagnée d’un cahier des charges qui décrit le type de programmes qui seront émis.
Le paysage français de la radio privée va se former progressivement. Les anciennes radios périphériques sont conservées, sauf Radio Andorre. De nombreuses radios sont créées, souvent par des anciens des radios pirates. Dès 1981 naissent : NRJ (la Nouvelle Radio des Jeunes), Radio Nova, Radio Contact devenue Nostalgie, RFM ou encore Cité Future devenue Skyrock, ainsi que de très nombreuses radios locales.
Dans les années 1980, les radios ont très généralement un statut associatif. Elles peinent assez souvent à trouver des crédits et vivent de subventions publiques ou privées. Ce n’est qu’en 1984 que la publicité sera officiellement autorisée à la radio. L’offre radiophonique publique évolue elle aussi : France Info est créée le 1er juin 1987. De nombreuses radios locales sont aussi créées par Radio France, elles seront unifiées en 2000 dans le réseau France Bleu. En 1997, la radio Le Mouv’ est créée, elle vise le public jeune. Au fur et à mesure, les différentes radios vont êtres réunies au sein de quelques grands groupes comme RTL Group, NRJ Group, NextRadioTV ou encore Lagardère Active. Certains voient dans ces conglomérats une diminution de la liberté des radios.

4. Catégories de radios privées en France

Il existe en France cinq catégories de radios privées définies par le Conseil supérieur de l’audiovisuel :

  • catégorie A : entrent dans cette catégorie les radios associatives de proximité ou communautaires ; radios qui sont éligibles au Fonds de soutien à l’expression radiophonique.
  • catégorie B : il s’agit de radios locales ou régionales commerciales qui ne sont pas affiliées à un réseau national.
  • catégorie C : font partie de cette catégorie les stations locales ou régionales qui sont affiliées ou abonnées à un réseau national.
  • catégorie D : il s’agit de radios diffusant le programme d’un réseau thématique national sans décrochage régional.
  • catégorie E : trois radios entrent dans cette catégorie. Il s’agit des trois radios généralistes nationales (Europe 1, RTL et RMC Info) qui étaient appelées radios périphériques avant 1982 puisqu’elles émettaient alors en grandes ondes depuis l’étranger (Europe 1 depuis Felsberg en Sarre, RTL depuis Junglister au Grand-Duché de Luxembourg. RMC, bien que de droit monégasque, possède son émetteur en territoire français).

Les radios du service public (Radio France) ne rentrent pas dans ces catégories.

Plus de mille opérateurs se partagent les fréquences FM réservées au secteur privé. Les autorisations d’émettre sont délivrées par le CSA pour une durée de cinq ans renouvelable deux fois. Les stations concluent avec le CSA une convention qui fixe leurs obligations, notamment en matière de contenu du programme, de publicité et de proportion de chansons françaises.
Aujourd’hui, les stations de radio les plus populaires en France sont (par nombre d’auditeurs) : France Inter, RTL, NRJ, Europe 1, France Info, Skyrock, Nostalgie, France Bleu, Europe 2, Chérie FM, Fun Radio, RFM, RTL 2, RMC Info, Rire et Chansons, France Musique, MFM, France Culture, Radio Classique.

III. La télévision

La télévision est dans la société occidentale le principal média d’information, dont le journal télévisé du soir est un quasi-rituel. On lui reproche notamment son manque d’analyse et le peu de temps qu’il consacre aux sujets d’actualité. On constate en effet une partialité dans les propos des journalistes dont ils ne se rendent pas toujours compte et dans le temps accordé aux différentes nouvelles. Les implications sociales de l’effet des médias ne sont pas négligeables, car la plupart des spectateurs croient en l’honnêteté du journal télévisé et plus généralement en la véracité des informations diffusées sur le petit écran. C’est oublier les rapports économiques qu’entretiennent les chaînes télévisées avec le reste du monde. En effet, comment une chaîne télévisée pourrait-elle critiquer une entreprise ou montrer des informations remettant en cause l’activité d’un groupe économique si ce dernier, par exemple, possède des actions de ladite chaîne ? Outre les rapports économiques, les journalistes eux-mêmes dépendent des informations dont on veut bien leur faire part (quand les personnes concernées ont suffisamment de pouvoir).
Par exemple, les journalistes qui s’embarquent dans les guerres doivent parfois signer un contrat avec l’armée stipulant qu’ils ne doivent pas montrer certaines choses, notamment l’horreur de la guerre et les dérapages de l’armée. Or il est souvent bien difficile d’obtenir autrement des images des événements. Par ailleurs, les intérêts politiques et économiques sont souvent liés.
La télévision participe autant à la désinformation qu’à l’information objective des spectateurs car il s’agit d’un système de communication non neutre, un des médias. À côté des émissions d’information pure, se trouvent des fictions qui s’inspirent seulement de la réalité. La télévision peut entraîner, chez le spectateur, une fuite de la réalité, qui, de moment de détente, peut mener à l’accoutumance. La consommation des programmes télévisés chez les Européens prend, suivant le profil des téléspectateurs, plusieurs heures par jour. Cette dépendance vis-à-vis de la télévision, lorsqu’elle est ajoutée au sentiment d’insécurité (souvent entretenu par les médias), les conduit alors souvent à rester chez eux, à s’isoler.

1. La naissance de la télévision en France. Du noir et blanc à la couleur.

En France, la première expérience publique de télévision a lieu en avril 1931, dans l’amphithéâtre de l’École supérieure d’électricité, à l’initiative de René Barthélémy, devant un public de huit cents spectateurs très privilégiés. La « définition » de l’image n’est que de 30 lignes (on est très loin encore du standard moderne numérique). Mais les démonstrations, et avec elle les progrès, se poursuivent ; on parvient très vite à 60, 80, puis 150 lignes en France et à 250 lignes en Angleterre. Les premières émissions régulières, quelques heures hebdomadaires, sont diffusées dès 1935 en France.
Il faut attendre 1939 pour que la British Broadcasting Corporation (BBC), en Angleterre, et CBS et NBC aux États-Unis, programment des émissions régulières regardées chacune par quelque 10 000 spectateurs, qui ont à leur disposition les premiers postes de télévision, fabriqués en petites séries. La France produit une quinzaine d’heures d’émissions par semaine (captées dans la région parisienne). Le standard de l’époque est fixé à 445 lignes et le réseau hertzien choisi en 1936, comme mode de transmission, se met peu à peu en place. Mais les téléspectateurs français sont rares, à peine une centaine : les appareils coûtent encore très cher et les images reçues, de qualité assez faible, ne peuvent en aucun cas rivaliser avec le cinéma !
La Seconde Guerre mondiale va considérablement ralentir la diffusion de la télévision. Cependant, les progrès techniques se poursuivent aux États-Unis où de nouvelles caméras voient le jour et remplacent, dès 1941, de vieux appareils. On s’oriente vers la télévision en couleur qui nécessite des caméras sophistiquées et d’autres types de récepteurs plus coûteux. Mise au point dès 1944, elle n’est commercialisée que vers les années 50 aux États-Unis et les années 60 en Europe.
La télévision va connaître un véritable essor en France à partir de 1953, avec la retransmission en direct du couronnement d’Élisabeth II, reine de Grande-Bretagne. Il n’y a alors qu’une seule chaîne en noir et blanc (mais dont le balayage en 819 lignes entrelacées assure une très haute définition, la meilleure du monde).
Le rôle de cette nouvelle technologie dans la société occidentale est tellement important que, en 1957, le pape Pie XII proclame que Claire d’Assise est la sainte patronne de la télévision.
Cette évolution est possible grâce à la maîtrise de la propagation d’ondes très courtes à très haute fréquence (V.H.F.) et à ultra-haute fréquence (U.H.F.), ondes de quelques centimètres à visibilité directe qui impliquent, pour être transmises par moyen radioélectrique sur de longues distances, la mise en place d’un important réseau de relais et de récepteurs hertziens. La télévision émet en couleur (procédé français SECAM) depuis 1967.

2. Évolution de la télévision française

Grâce à l’essor du numérique, les téléspectateurs français ont aujourd’hui le choix entre plusieurs centaines de chaînes. Les Français, comme tous les Européens, sont entrés dans l’ère du numérique, une technologie nouvelle qui permet de diffuser à un coût inférieur plus d’images qu’auparavant.
À côté des chaînes généralistes, des chaînes « thématiques » ont été lancées ces dernières années : chaînes musicales, pour les enfants, spécialisées en sport, cinéma, information, documentaires... Moyennant le paiement d’un abonnement, le téléspectateur reçoit ces chaînes diffusées par le câble et le satellite. En France, leur développement reste encore faible par rapport à d’autres pays comme l’Allemagne ou la Belgique.
Après la transmission par satellite et par câble, la technologie du numérique, considérée par certains comme plus importante que le passage du noir et blanc à la couleur, conquiert la diffusion par voie hertzienne terrestre. La télévision française engage sa mutation. Des chaînes commerciales voient le jour à partir de 1986. Cette ouverture entraîne une course effrénée à l’audience, pour attirer les précieux budgets de publicité des entreprises, seule source de financement de ces chaînes. La loi de l’audimat s’impose à tous et gagne le service public, France 2 et France 3. Le téléspectateur apprend à jouer de sa télécommande et à sauter d’une chaîne à l’autre.
Le « zapping » gagne du terrain, notamment chez les jeunes. Un phénomène qui s’amplifie avec l’explosion de l’offre des programmes.
La France compte plusieurs centaines de chaînes de télévision. Les premières étaient des chaînes d’État (RDF puis RIT puis ORTF). Une ouverture de nouveaux canaux en 1984 pour des chaînes privées et la privatisation de TF1 en 1987 a permis une vraie concurrence. En 2004, la plupart des Français regardaient encore la télévision hertzienne analogique, le nombre de foyers possédant l’accès à la télévision par câble, le satellite, l’ADSL ou la TNT étant d’environ 5 millions (sur 60 millions de Français). Maintenant ce chiffre a considérablement augmenté : la TNT et d’autres technologies nouvelles sont tout à fait banalisées.
  1. La télévision numérique terrestre française (TNT) a débuté ses programmes le 31 mars 2005.
    La France compte 5 réseaux (multiplexes) numériques hertziens transmettant 28 chaînes dont 18 gratuites (chaînes 1 à 18) et 10 payantes en (chaînes 30 à 39). La plage de chaînes vacantes est réservée à de nouvelles chaînes gratuites.
    La télévision numérique, suscitant bien des appétits, est à l’origine d’une véritable bataille économique. Les enjeux sont énormes : le marché mondial de l’audiovisuel est gigantesque. Des alliances se nouent et se dénouent pour se partager le gâteau.
  2. La télévision par câble. Les deux principaux câblo-opérateurs en France sont Numericable et UPC-Noos. La fusion des deux sociétés a lieu en 2006. Les chaînes de télévision distribuées gratuitement sur le câble sont :
    • les chaînes hertziennes analogiques TNT (obligation de reprise imposée par le CSA) ;
    • les chaînes locales et frontalières ;
    • des chaînes de service comme la mosaïque sur Numericable.
  3. La télévision par satellite. Les deux principaux bouquets de télévision par satellite sont Canalsat (Groupe Canal+) et anciennement TPS (Groupe TF1 et Groupe M6). La fusion des deux bouquets a été faite dans le courant de l’année 2006 pour créer la plate-forme Nouveau Canalsat. AB Groupe édite un bouquet plus modeste : AB Sat.
  4. La télévision par ADSL.
    Le premier service de télévision par ADSL en France, Freebox TV, a été lancé le 1er décembre 2003 par le fournisseur d’accès Internet Free (groupe Iliad). Parmi les autres acteurs s’étant positionnés sur ce marché, on peut citer France Télécom avec Ma Ligne TV devenu Orange TV en juin 2006 (en partenariat avec le groupe TF1 et son bouquet satellite TPS ainsi qu’avec le groupe Canal+ et son bouquet satellite Canalsat), Neuf Télécom et Cegetel avec Neuf TV (en partenariat avec le groupe Canal+ et son bouquet satellite Canalsat) et enfin Telecom Italia avec Alice TV.

3. La télévision internationale

Depuis 1984, la chaîne internationale francophone TV5 rediffuse dans le monde certains programmes des chaînes publiques partenaires (françaises, suisses, belges et canadiennes). Elle est devenue TV5MONDE en janvier 2006. Le 6 décembre 2006 a été lancée la Chaîne Française d’Information Internationale (« CII ») qui s’appelle France 24.

4. La régulation de la télévision en France

Depuis 1989, l’instance de régulation de l’audiovisuel en France est le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Le CSA a été précédé par la Haute Autorité de la communication audiovisuelle de 1982 à 1986 et par la Commission nationale de la communication et des libertés (CNCL) de 1986 à 1989. Tous les contribuables qui possèdent un poste de télévision payent une fois par an avec la taxe d’habitation la redevance audiovisuelle qui finance les organismes publics de télévision et de radiodiffusion (France Télévisions, Arte-France, Radio France, RFO, RFI, Institut national de l’audiovisuel). Une contrepartie importante de la redevance est que les longs métrages diffusés sur les chaînes du groupe France Télévisions ne font l’objet d’aucune coupure publicitaire. En 2007, la redevance représentait 74 % des ressources du service public de l’audiovisuel, soit plus de 2,7 milliards d’euros. Les personnes qui regardent la télévision via leur écran d’ordinateur ne sont pas redevables de la redevance audiovisuelle comme le précisent les débats de l’assemblée parlementaire portant sur la révision du mode d’imposition.

IV. Internet en France

Appelé à devenir le média du troisième millénaire, Internet a révolutionné toutes les sociétés civilisées. Il n’y a pas longtemps, tous les ans, il triplait de volume. Aujourd’hui, bien que cette vitesse ait diminué, Internet est en train de devenir le plus puissant moyen de communication jamais conçu. Quelle entreprise, quel organisme, quel particulier ne disposent pas d’un courrier électronique ? Grâce à une boîte aux lettres virtuelle, il est pos­sible d’envoyer et de recevoir du courrier des quatre coins du monde. On peut même expédier de véritables colis électroniques contenant non seulement des mots, mais également des images et des sons. Espace virtuel de liberté, d’expression et d’échanges de toutes sortes, Internet appartient à tout le monde. Et ce n’est qu’un début.
La communication est très facile. Il est désormais possible, à toute heure du jour et de la nuit, d’aller fureter dans les milliers de sources d’information qui alimentent la « toile ». Certains redoutent le « Net » qu’ils perçoivent comme une menace pour les médias traditionnels. D’autres dénoncent déjà les dérives d’un Web de plus en plus envahi par la publicité et le commerce, à l’opposé de l’éthique première du réseau basée sur le « donner et recevoir ». Pour l’instant, il est impossible de savoir quelles seront les implications exactes, bonnes ou mauvaises, qu’entraînera l’évolution du Web pour les autres médias.

1. Histoire de l’Internet grand public en France

Accessible initialement à un nombre réduit d’utilisateurs dans un petit nombre d’entreprises et d’universités, l’utilisation d'Internet par le grand public n'a commencé qu'à partir de 1994.
En 1992, presque simultanément, French Data Network et Altern (par l’intermédiaire du service minitel 3616 ALTERN) ont permis au grand public de se connecter au réseau Internet. À l'époque, le World Wide Web n'existait pas encore et les services offerts étaient le courrier électronique, les news par le réseau Usenet, l’accès à de nombreuses archives de logiciels et de documentation, et l'accès aux machines du réseau Internet. Il y a ensuite FranceNet qui ouvre ses portes le 5 juin 1994. FranceNet est suivi de près par WorldNet, toujours en juin 1994. Ensuite, dans l’ordre Calvacom, Internet Way et Imaginet ont suivi.

2. Nombre d'abonnés à Internet

Alors que la France était à la traîne il y a encore quelques années (en partie à cause du Minitel), elle occupe aujourd’hui la deuxième place du classement européen quant au nombre de loyers connectés à Internet. Il y avait, en août 2005, 13 241 000 internautes en France (contre 8 908 000 en août 2004), dont 7 935 900 abonnements « haut débit ». Parmi les différentes technologies de connexion à haut débit, c’est l’ADSL qui rencontre le plus de succès et qui connaît la plus forte croissance : 7 410 000 abonnés haut débit sont connectés par l'ADSL, 520 000 par le câble et les 5 900 restants le sont par fibre optique, BLR, ou autre. Fin 2006, on compte environ 11 000 000 d’abonnés à l'ADSL. En avril 2007, selon Médiamétrie, plus de la moitié des Français sont des internautes.

3. Fournisseurs d’accès à Internet

Orange (ex-Wanadoo) est le principal fournisseur d'accès à Internet (FAI) en France, avec 46 % de parts de marché (6,4 millions d’abonnés dont 3,7 millions de clients haut débit), suivi par le groupe Neuf Cegetel qui, grâce au récent rachat de Club Internet, affiche désormais plus de 3 000 000 d'abonnés ADSL. Vient ensuite Free avec ses 2 500 000 clients ADSL dont 75 % en dégroupage total.

4. Fournisseurs de contenu

Parmi les principaux fournisseurs de contenu, on peut citer : Vivendi Universal, Alice, Free, DartyBox, Neuf, AOL et Orange.